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Thursday, December 24, 2009

Une tradition purement québécoise

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Depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours adoré le temps des fêtes et plus particulièrement le réveillon de Noël. Chaque année, ma grand-mère recevait toute la famille et bien que sa maison fut petite et la famille de plus en plus grande, elle insistait pour nous y accueillir.

Cousins et cousines à la petite table, adultes à la grande table, tous étaient réunis autour des plats que ma grand-mère avait préparés avec tout son amour. Plusieurs choses ont changé au fil des ans, la famille a grandi, les enfants ont vieilli et une nouvelle génération d’enfants a vu le jour, mais le choix des plats servis est toujours resté le même et c’est parfait comme ça. Bien que ma grand-mère nous aie quitté l’année dernière, la tradition continue et ce sont mes tantes qui ont pris la relève. Le choix de hors d’œuvres varie d’année en année mais le repas principal se compose encore des traditionnels ragoût de boulettes, tourtière, patates pilées, dinde farcie, ragoût de pattes de cochon et atacas. Chaque année, quelques membres de la famille tentent de voler la vedette avec des petites douceurs qu’ils ont concoctées pour l’occasion, mais la légendaire bûche de Noël de tante Johanne remporte toujours la palme. La tarte au sucre de tante Thérèse, les carrés d’amour et les carrés aux dattes de ma mère suivent tout de même de près.

Cette année, rien ne me fera plus chaud au cœur que d’emmener mes enfants dans ma famille et de les voir vivre les joies du temps des fêtes avec autant de fébrilité que moi à leur âge.

Tuesday, December 8, 2009

La Jamaïque : du jerk à la java

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Anita Draycott s’immisce dans les cuisines de la Jamaïque et constate qu’elle est capable de supporter le feu de la cuisine jerk.

« Les Blancs peuvent oser le jerk », insiste le chef Walter Staib, un expert de la cuisine jamaïcaine et l’ambassadeur culinaire des Sandals Resorts.

Ce chef d’origine allemande a amorcé sa carrière en Europe avant de se familiariser aux huttes où l’on sert des aliments épicés et fumés à la jamaïcaine, des soupers communautaires servis dans des églises et des comptoirs de coins de rue que l’on trouve partout sur cette île verdoyante.
Il arpente les marchés à la recherche de produits frais, explore les vergers de fruits et les jardins d’épices et visite les plantations de café et les distilleries de rhum depuis plus de 30 ans. Premier chef à être inscrit au temple de la renommée de la gastronomie des Antilles, il a longtemps étudié les origines de la cuisine jamaïcaine à l’Université de Kingston en Jamaïque.

Lors d’une récente visite, Staib accompagnait notre petit groupe de gourmets pour une tournée des hauts lieux culinaires de l’île. À notre premier arrêt, Billy veillait sur une dizaine de marmites qui mijotaient sur un feu de bois au Billy’s Roadside Canteen à Middle Quarters sur la côte sud. Les Jamaïcains affectionnent ce restaurant de style « service au volant » et vont en voiture commander leur repas du midi. Staib nous informe que le prix du repas dépend de ce que porte le client comme vêtements et de la voiture qu’il conduit. Pour une touriste comme moi, le commis me demanderait probablement 5 $ pour un plat de riz aux pois, les fameuses crevettes au poivre de Billy et une louche de porridge aux arachides vraiment délicieux. Billy cuisine les recettes traditionnelles qui lui ont été transmises par sa grand-mère.

Passant devant de nombreux étals de fruits et de très rustiques comptoirs de rhum, Staib en profita pour nous parler
de l’héritage culinaire de la Jamaïque.

Les exploitants de plantations, aussi bien anglais qu’espagnols, cultivaient l’arbre à pain, l’igname et le cassave qui
constituaient une nourriture économique à servir aux esclaves. Le mets national de la Jamaïque, le poisson salé et le ackee, a probablement été introduit dans la culture culinaire par les esclaves africains qui auraient apporté des semences de fruits de l’arbre d’ackee. Le fruit ressemble au litchi et a la texture de l’oeuf brouillé. Dans les années 1700, à l’époque où le réfrigérateur n’existait pas, le poisson était conservé dans le sel. Les marins de Terre-Neuve échangeaient alors leur morue salée contre du rhum jamaïcain.

Outre la muscade, le piment de la Jamaïque, le gingembre et le macis, les Jamaïcains produisent dix sortes de piments. Celui qu’on vénère le plus est le piment antillais Scotch bonnet utilisé dans la préparation des viandes « à la jerk ». C’est plus qu’une épice, car le piment antillais sert aussi d’agent de conservation. La recette originale de « jerk » demande de faire macérer la viande, souvent du porc ou du poulet, ou le poisson, dans un enrobage de piment, de thym, d’oignon, d’échalotes, d’ail et de piment de la Jamaïque qu’on fera ensuite lentement griller sur un feu de tiges d’arbustes de piments. Le mot « jerk » provient probablement du mot charqui qui signifie viande séchée en langue quéchua.

Au terme de notre leçon d’histoire culinaire, nous arrivons à Little Ochie, un restaurant de plage situé à Alligator Pond. Sur un tableau noir apparaît la liste des poissons frais du jour. Il suffit de passer sa commande et d’aller se désaltérer d’une bonne bière froide sur la plage en attendant d’être servis. Nous avions opté pour le homard servi avec un beurre au citron et à l’ail, un plat de crabe et de conque à la « jerk », accompagnés de la version calorique des beignets de maïs frits, une spécialité toute jamaïcaine.

Le lendemain, nous nous sommes rendus à Port Antonio sur la côte nord pour une excursion en radeau sur le Rio Grande. Mlle Betty, une dame d’un âge incertain, tient une cantine sur la rive. Le menu change chaque jour. On peut y déguster une soupe aux poivrons, un cari de chèvre, une fricassée de poulet ou un mijoté de callaloo. Gardez-vous un peu de place pour ses fameux biscuits au coco et au gingembre. Le chef Staib doit à Mlle Betty de lui avoir appris comment apprêter les aliments de la vraie cuisine jamaïcaine.

Un matin, Staib organisa une dégustation de café chez Firefly, un domaine situé au sommet d’une falaise à Port Maria où résida l’écrivain Noël Coward. Il y reçut nombre de têtes couronnées et de vedettes du cinéma au cours de sa célèbre carrière et c’est là qu’il repose en paix depuis 1973. En 1728, Sir Nicholas Lawes, ancien gouverneur de la Jamaïque, introduisit la culture du café sur l’île. Aujourd’hui, le café des Blue Mountains est considéré comme le meilleur et parmi les plus chers au monde. Vous pouvez déguster ce café avec bonne conscience, car ceux qui le produisent sont bien payés et les sols sont désormais soumis à des pratiques écoresponsables.

Au terme de ce voyage, j’étais devenu une véritable adepte du « jerk » et définitivement accro des saveurs épicées de la cuisine jamaïcaine. Si cette cuisine vous séduit autant que moi, vous pouvez rapporter une variété de sauces « jerk » et « barbecue » ainsi que du café Blue Mountains. À la maison, remettez-vous dans l’ambiance jamaïcaine. Invitez vos amis, démarrez votre barbecue et faites jouer la musique de Bob Marley.

Tuesday, August 11, 2009

Les vins du Vieux Continent

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Chers bons vivants, je sais que vous attendiez un billet sur le vin, eh bien le voici! Puisque c’est un sujet que je ne prends pas à la légère, j’ai pensé me diriger tout de suite vers notre expert en la matière, Nick Keukenmeester. Nick écrit non seulement des articles sur les vins pour notre magazine, Ensemble Vacances, mais il est aussi dans l’industrie vinicole depuis des années et possède l’emploi dont tout bon vivant rêve, directeur des ventes aux particuliers pour Lifford Wine Agency à Toronto.

Les vins du Vieux Continent
Par Nick Keukenmeester

J’entends souvent les gens se plaindre de ne pouvoir trouver de bons vins européens à prix raisonnable. Pourtant, il suffit d’aller voir du côté des régions et des producteurs qui sont davantage négligés par les consommateurs d’ici pour parfois dénicher un excellent cru à prix avantageux.

Surveillez les productions du Sud de l’Italie, notamment des Pouilles, de la Sicile et de la Basilicate et les vins rouges que vous connaissez moins, comme le Negroamaro, le Nero d’Avola et l’Aglianico. Vous serez étonné par leur richesse de concentration, d’autant plus qu’ils vous coûteront moins cher que les traditionnels Shiraz d’Australie. Plutôt que de choisir un Barolo, essayez des vins de table du Piémont que les habitants du coin se réservent pour euxmêmes. Le Barbera est riche en texture, avec une pointe de saveur chocolatée très plaisante au palais. Il est beaucoup moins cher et se boit plus aisément que la moyenne des vins de cépage Nebbiolo qu’on trouve dans cette région. Les vins blancs délicats, produits avec le cépage Cortese (à Gavi) ou Arneis sont à la fois surprenants et très abordables.

Une région terriblement négligée est celle du Douro au Portugal d’où provient le porto. Ses vins de table sont réalisés à partir de cépages tels que le Touriga Nacional, le Tinta Roriz et plusieurs autres. Riches en fruit, leurs tanins sont profonds et leur acidité plutôt équilibrée. Vous pourrez facilement les conserver quelques années ou les boire sans plus attendre pour agrémenter un grand repas.

Certaines régions d’Espagne encore méconnues du grand public offrent également des vins d’excellente valeur. Le domaine Abadia Retuerta se situe à quelques kilomètres de la célèbre région vinicole de Ribera del Duero. Les vins qu’il produit se vendent à la moitié du prix de ceux qui proviennent des vignobles avoisinants, tout simplement parce qu’ils ne peuvent tirer profit de la renommée de la région voisine. Ils produisent pourtant d’excellents vins à partir du cépage Tempranillo, ce noble raisin typique à l’Espagne, fruité avec un côté végétal qu’on ne retrouve pas dans le classique Rioja. D’autres régions ignorées comme le Toro, le Rueda et le Jumilla produisent des vins de qualité à une fraction du prix de leur valeur réelle en utilisant des cépages comme le Monastrel (Mourvedre), le Garnacha (Grenache), le Tempranillo et même le Verdejo, donnant un vin blanc tout en fraîcheur.

Même en France, on trouve d’excellents vins à prix abordable. Recherchez les vins du Languedoc-Roussillon et ceux du Beaujolais, un vin rouge de Bourgogne fruité et aromatique qui est produit à partir du cépage Gamay, contrairement à ses voisins qui utilisent le Pinot Noir. Ici, les grands crus, comme le Morgon ou le Fleury se révèlent des vins d’exception. L’élégant Beaujolais Villages est aussi délectable à prendre avec ou sans repas.

On trouve un Beaujolais Villages de la maison Louis Jadot pour moins de 20 $ presque partout au Canada.
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